Mes particularités (côté alimentaire)

 



 


Généralités, mais « à savoir ».

Notre organisme est normalement conçu pour se faire entendre et éveiller en nous quelques ressources pour agir. Ces moyens, dont nous disposons, sont assez grossiers et parfois trompeurs. On peut prendre un besoin pour un désir à satisfaire sous l’effet de la seule excitation ressentie de manière immédiatement organique, qui nous fait penser à un besoin naturel qu’on ne va pas chercher plus que ça à analyser mais auquel il nous faut tout de suite répondre.

 

Les personnes vivant avec certains des troubles liés à l’autisme sont tout aussi individualistes que les autres même il se pourrait qu’elles le soient encore plus tant elles ont tendance à se sentir à part et qu’on leur accorde quelques faveurs compte tenu que c’est difficile pour elles. Du coup leur individualisme se trouve moins comprimé et contrôlé par un ensemble de contraintes sociales auxquelles en partie, par la reconnaissance de leur particularité elles échappent – pas toujours, mais le plus souvent du fait qu’on leur accorde un statut à part.

 

Tous les individus ressentent et pensent les choses différemment. Le rapport à la nourriture n’est pas de ce fait spécifique au fait ou non d’être autiste.

 

Des autistes, personnellement je n’en connais pas d’autres, peut dire Paco, mais ce n’est pas je crois parce qu’on est autiste que l’on voit les choses tous et toutes pareil. Peut-être, oui, qu’on fait plus attention à certaines choses, et beaucoup moins à d’autres ; qu’on est capable de penser à plus de choses à la fois, mais ce qu’il y a c’est qu’on n’est avant tout sûr de rien.

Je me force à faire attention à tout mais souvent ça dépasse non seulement mes capacités (« je décroche » vite) mais aussi ma zone d’intérêt à moi qui n’est pas celle de tout le monde, je le sais. Souvent c’est comme si me tombait dessus comme une avalanche… trop d’émotions à la fois, pour un oui pour un non, qu’il fallait que je gère toutes en même temps, et je dois me reconnecter aux autres quand la conversation vient sur moi et que je dois faire un effort pour y participer. C’est le cas dans les moments où on se retrouve ‟autour d’une table“, pour prendre les repas ensemble.

 

Quand j’étais petit – on m’a raconté mais je m’en souviens un peu – j’avais paraît-il une alimentation assez sélective. Il y avait un tas de petites méthodes mises en place (même si j’adorais manger) par mes parents ou les personnes qui me gardaient pour me présenter la nourriture comme à un petit chiot, et qui, ces ‟petits trucs“, indispensables et non contraignants à part quelques règles que j’avais intégrées, devaient m’aller pour que je puisse manger en faisant autre chose.

Manger ne présentait pas beaucoup d’intérêt pour moi. Ou bien j’avais des tocs sur des aliments particuliers qu’on aurait pu alors me proposer à l’infini. En tout cas se nourrir devait absolument pouvoir s’intégrer aux autres activités – enfin les miennes. Celles qui m’occupaient, l’esprit et les mains.

 

Test – petit questionnaire :

 

Encore maintenant dirais-tu que tu es toujours angoissé par le changement, par exemple est-ce que tu as tendance à vouloir t’asseoir au même endroit pour manger, et à peu près chaque fois les mêmes choses ou bien vois-tu une évolution ? Sens-tu que cette appréhension ou forme d’automatisme est à peu près sous contrôle aujourd’hui, et que tu sais t’adapter vite aux changements ?


-   Je n’ai pas tendance à vouloir m’asseoir au même endroit pour manger mais j’ai encore aujourd’hui de l’anxiété par rapport au changement (Je pense que la première fois que j’ai commencé à sur-bouffer c’était pendant le confinement corona 19).

 

As-tu remarqué chez toi une préférence nette à manger avant une activité-sortie-occupation qui t’intéresse, ou après celle-ci ?

-         On peut dire que ça m’arrive (par exemple je prends mon 4h APRÈS le sport, pour ne pas être ‟gonflé” avant).

 

 Certaines personnes prennent plaisir à l’idée de ‟passer à table“, d’autres ça les angoisse ou bien se disent que ‟ça va être long“. C’est un peu une corvée. Est-ce ton cas ?

-         CLAIREMENT pas.

 

Il arrive que des enfants ou jeunes gens qui sont porteurs de troubles autistiques, avant de mettre un aliment dans leur bouche ont besoin de l’inspecter sous toutes les coutures (couleur, odeur, texture) puis de se détourner progressivement des aspects perçus de l’aliment en question (après avoir vu que ‟tout va bien“) et alors seulement pouvoir l’absorber – très vite – pour ensuite pouvoir passer à autre chose. Être débarrassé en quelque sorte. Une façon pour eux de ne plus se sentir menacé par sa présence (en mettant les choses à l’extrême). Est-ce que tu te rappelles avoir ressenti ça ?

 

-         Oui, je crois qu’il est toujours important, même nécessaire de vérifier si un aliment est encore comestible.

Rester à table, avec les autres, a été pour beaucoup quelque chose de compliqué. Manger, en principe, est considéré comme une activité sociale en soi, et non associée, par séquences horaires, à d’autres activités que ça vient interrompre. Qu’en dis-tu ?

 

-         Je pense qu’il est bien de rester à table et de parler avec ses proches… tant qu’il y a encore quelque chose à manger qui reste !

 

 

On ne mange pas que pour se nourrir, ça tout le monde en a plus ou moins conscience. C’est un moment spécial, en général relationnel, mais la « relation » peut-être avec soi-même quand on est seul(e), en tout cas c’est un moment qu’il est bon d’apprécier et même de savourer, prendre le temps de le vivre pour ce qu’il est ; c’est bien pour le corps et pour l’esprit. Pas engloutir en 5mn, et vite passer à autre chose…

Qu’en dis-tu ?

 

-         Je pense que, oui, il est important de savourer mais que tout le monde mange à son propre rythme. On me dit toujours que je mange trop vite mais je trouve que c’est ma famille justement qui mange trop lentement…

 

 

‟Tu es ce que tu manges“ : phrase devenue très à la mode. Pourtant, il y a peut-être à picorer quelque chose là-dedans. Notamment qu’il est recommandé (par qui ? on ne sait pas : diététiciens, médecins, philosophies hindous, psychologues, chasseurs, écolos…) de prendre un peu de distance par rapport à la manière dont on se nourrit, et observer. Histoire de ne pas avaler ‟tout rond“ ce qui est à notre portée, juste au moment où c’est l’heure et parce que socialement on est dans le créneau habituel – le même pour tous, dans sa culture. Sans prendre le temps d’y penser ou pire en faisant autre chose en même temps. Se remplir n’est pas se nourrir. Se bourrer la panse n’a rien à voir avec le plaisir de s’alimenter, qui est une nécessité, mais peut prendre la forme aussi d’un art bien plus subtil qu’on ne croit.

 

 

Ressens-tu quelque isolement quand le visage au-dessus de son assiette – même si on est bien et content – on n’entend plus ce qui se dit autour ? Que l’on s’abstrait du monde extérieur. Est-ce agréable ou un retrait pour toi ?

 

-         J’avoue, oui, il m’arrive de ne plus prêter attention aux autres lorsque je commence à manger.

 

 

Relierais-tu plutôt le fait de manger à :

1° une prise alimentaire

2° l’ennui du quotidien et ses répétitions

3° un besoin organique

4° le moment de faire une pause

5° séquencer la journée, lui donner des repères

6° se retrouver avec les autres

7° un plaisir longuement attendu

 

(Classe par ordre d’importance)

 

2, 6, 5, 4, 1, 3, 7  (rouge=plus important)

 

Préfères-tu :

° manger en famille

° aller au restaurant

° te débrouiller tout seul

° attendre que quelqu’un te dise À table !

° improviser un truc à l’extérieur

° commander et attendre d’être livré

 

(au moins trois réponses, et en expliquant)

Alors : Manger en famille, car c’est bien de se retrouver.

Me débrouiller tout seul, car c’est plus facile.

Et commander, parce que des fois j’en ai ma claque, et j’veux m’faire plaisir…

 

 

 

As-tu des blocages concernant certains aliments ou certains plats préparés ? Si oui, lesquels. Des choses que tu ne mangerais jamais. En aucun cas et dans n’importe quelles situations originales ?

 

-         Oui, par exemple je ne bois jamais de lait MAIS je peux manger des produits laitiers.

 

 

 

Fais-tu des ‟fixettes“ sur certains plats que tu affectionnes particulièrement et aimerais bien n’avoir jamais à changer, ou bien, de temps en temps, finis-tu par te lasser ?

-         Pas vraiment (ma bouffe préférée, en 2025, c’est les hamburgers, et évidemment je n’en mange pas tout le temps).

 

 

Si tu y prêtes attention, considères-tu que la manière dont tu te nourris à un impact sur ton corps, ta silhouette, ta santé, ton esprit (quatre choses assez différentes mais qui ont partie liée) ou bien que ça n’a rien à voir et que ça dépend surtout de ton mode de vie ? (faire du sport ou non, avoir une activité régulière, être sédentaire ou actif, une vie sociale ou autre)

-         Je pense, oui, que la manière dont je me nourris a un impact néfaste sur moi, causé par l’anxiété (pas toujours, bien sûr, mais voilà, c’est ce que je ressens).

 

 

 

Te sens-tu seul dans ton rapport à la nourriture ou bien peux-tu prendre du recul à l’occasion et en parler avec d’autres personnes, si le sujet est ‟mis sur la table“ ?

 

-         Mes parents m’ont déjà fait la remarque, mis au régime (ils avaient raison, bien sûr). En ce moment, j’essaie de ne plus grignoter entre les repas.

 

 

 

T’intéresses-tu à la cuisine, la préparation des repas ou bien juste à ce qui finit par arriver dans l’assiette ?

 

-         Quand j’cuisine, j’fais au plus simple et je suis plutôt impatient de juste pouvoir manger…

 

Cite au moins six épices dont tu connais le nom et le goût. Même si tu ne les aimes pas.

Poivre

Curry

Paprika

Ciboulette

Cumin

Piment

 

 

Une fois le repas pris, éprouves-tu toujours aussitôt le besoin de te laver les mains et la bouche (dents) ?

-         Oui, surtout quand j’ai déjà eu des caries (immédiatement retirées, avant qu’elles ne s’infectent) et juste pour l’hygiène.

 

 

As-tu un blocage net sur certains aliments, et si oui lesquels ?

 

-         Champignons (pour moi c’est comme ‟croquer dans du caoutchouc juteux”). Fromage (bon, j’en mange dans les spaghettis, et les pizzas quand même).

 

 

Quel est ton meilleur souvenir dans l’enfance ou l’adolescence concernant l’alimentation ? Ce que tu aimais par-dessus tout.

 

-         Peut-être pas mon plat préféré mais les barres de poisson pané - pommes noisettes que me faisait (fait) ma grand-mère sont un très bon souvenir d’enfance…

 

 

En clair et pour finir, tu dirais que ton rapport à la nourriture est :

Assez simple

Naturel et bon +

Complexe x

 ‟Comme tout le monde“, tu penses

 

 

Test visuel   À table ! Alors au menu, vous avez…

 

Classe par ordre descendant (du + au –) celles dont les images t’inspirent (sans réfléchir), te font saliver ou bien ne t’attirent pas trop (gustativement parlant).

  

1 – panier de légumes-fruits

2 – fish & ships

3 – coquillettes œuf tomates

4 – carottes râpées et pâtes sauce tomate basilique

5 – sachet repas Chingu

6 – couscous légumes

7 – olives jambon

8 – PPPN : poisson pané – pommes noisettes  

 

 

 2, 8, 5, 1, 6, 3, 4, 7



 

 

 

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