Penser par soi-même
Penser par
soi-même
La société
contemporaine est pétrie de fictions mais on peut dire qu’elle manque pourtant
souvent d’imagination.
Il y a toute
sorte de fictions : technologiques, culturelles, médiatiques,
communicationnelles. Et pédagogiques aussi.
Inventer des mondes fictifs c’est assez facile, mais nous imaginer à
la place d’un autre que nous est plus compliqué. L’exercice exige d’être
capable de reconnaître à la fois des liens possibles avec lui et le fait que l’autre n’est pas toi-même.
Quel type d’apprentissage pouvons-nous recevoir les uns des
autres ? Non pas dans une réceptivité passive, mais au travers une
activité réciproque, entre égaux.
Que se passe-t-il si nous ne reconnaissons pas à nos
éducateurs ou enseignants la capacité ou le droit de le faire ?
Et si nous ne voulons pas apprendre certaines choses,
qu’arrive-t-il ?
Que se passerait-il si d’aventure ou par résistance nous nous
mettions à refuser l’effet de domination
qu’imposent sur nos vies et sur d’autres vies, humaines ou non humaines, la
somme des connaissances du moment ?
Et si on ne voulait pas recevoir d’éducation tout bonnement ?
Si tout ce qui se lève en nous d’esprit critique, nous poussait, au lieu de
penser selon les modèles en cours situés hors réalité, à ne prendre en compte
que des situations qui soient réellement vécues,
à partir de leurs limites tout autant que
leurs potentialités ?
L’éducation : un ensemble de pratiques (peut-être à
destination d’apprendre un métier, en tout cas susceptible de développer
certaines connaissances et le jugement qu’on puisse porter sur elles) qui soit orienté
vers la transformation de ce qui est donné =
ce qui est là, ce que nous sommes et qui
nous sommes…
Faire en sorte que soit abordée et atteinte une puissance permettant de dépasser l’évidence et de passer outre la subordination coutumière,
ainsi que permettre de relever (pour les rectifier ou même les ignorer) la
masse des mensonges répandus. (fake news)
Une éducation qui soit émancipatrice, pas enfermante, qui
consiste à rendre possible pour chacun de penser
par soi-même, avec les autres,
les problèmes de son présent.
***
Paco (dis-moi si c’est vrai pour toi tout
ça, ou si tu veux ajouter quelque chose, nuancer, préciser, ou aller contre, en
justifiant ton point de vue, autre…)
Utilise les petits symboles appropriés à ta réponse ou bien
décris ton avis, en phrases
□ : tout à fait
○ : souvent mais pas toujours
∞ : couci-couça ∆ :
problème aigu ⌂ : mon pôle de
sécurisation ◊ : à peu près ça Ø : pas du tout
C’est parti
Je dispose d’une forme bien à moi d’intelligence qui n’est
pas toujours concrète, loin de là… : ∆
Je mène des sortes de luttes (souvent contre moi-même) :
□
J’établis des relations qui ne sont pas communes aux autres :
○
Je produis des types de narration qui la plupart du temps – sauf à pratiquer beaucoup “la
langue Paco” – échappent à mon entourage, que ça laisse perplexe. : ○
Mais je déploie des tactiques aussi, des trajectoires, des
intérêts et des désirs multiples qui ne sont pas déterminés et ne peuvent pas
(forcément) être intégrés par le système dans lequel ils se développent. Ça reste à part. : ○
Le commencement d’une vie humaine est la naissance. Mais
est-ce que ce début suffit pour exister ? :
Ø
Arriver – être là – être présenté aux autres, à soi-même, et
en tant que faisant partie d’un groupe… On doit être présentable. C’est là que les ennuis commencent. : □
Comment fait-on pour réussir à s’assurer soi-même ? Qui
sommes-nous, arrivant au monde ? Même si l’on est unique en soi, un
ensemble de liens génétiques, affectifs, historiques et sociaux sont là pour
nous définir. : □
Donner la vie ne revient pas à offrir une vie – et
basta ! Débrouille-toi. : ∆
Faire face aux autres comme on apprend à faire face à
soi-même n’est jamais quelque chose de simple. : □
Se présenter comme on voudrait au monde, il se peut qu’on n’y
arrive pas ou que les autres vous en empêchent. : □

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