Dans Mon Monde...

 


Il y a les choses qui me sont difficilement supportables, qui peuvent paraître de peu d’importance aux autres, mais que moi je vis avec intensité, parfois jusqu’à la révolte. Nous y reviendrons.

Il y a mon rapport très intègre (ce n’est pas moi qui le dis !) aux mots, à la vérité, l’honnêteté… Le fait que je ne sache pas mentir, même pas « très mal » : Tu mens très mal, Paco…, non, je n’essaie même pas, j’en suis incapable, et je ne vois pas à quoi ça sert. Alors parfois je suis, dit-on, ”sans filtre”. Je réponds cash. Même si avec l’habitude désormais je fais attention, je m’abstiens. C’est l’expérience. Le métier qui rentre.

Il y a ma manière de vivre des événements qui peuvent paraître aux gens « normaux » absolument sans importance et qui moi me mettent dans des états pas possibles. J’ai du mal à gérer tout ça. C’est lié je crois à ma façon depuis toujours de prendre tout au 1er degré.

Il y a mon rapport à la nourriture qui est à la fois simple et compliqué. J’entends par là que le fait de manger et, tout en même temps, être en mode social avec les personnes présentes, pour moi n’est pas quelque chose d’évident. Je suis plutôt accaparé par mon assiette. Et je mange vite. L’autre en face n’a pas le temps de dire ouf que j’ai déjà terminé.

Il y a, ça c’est important, mes différentes passions, liées entre elles en moi par des canaux que moi seul je connais, et dont il m’est difficile de parler aux autres sans risquer de les soûler parfois. (musique, Beatles, cinéma…)

Il y a aussi bien sûr quelques traumatismes, mais pas tant que ça en fin de compte, comme ce souvenir de la fois où je suis tombé en randonnée à vélo et ai valdingué dans le fossé. J’étais avec Papa et mon frère. Ce que j’ai éprouvé alors. Les blessures, les écorchures. Mes mains, mon menton, mon entre-jambe abîmés. La réaction de mes parents.

Et il y a bien d’autres choses encore… Nous y reviendrons, le temps venu.


Mais d’abord, et dans un premier temps, je ne sais pas si cela fera la meilleure des introductions, ni pour moi servira à mieux me connaître sur certains points, des points concrets de ma vie de tous les jours, ni pour celles et ceux qui auraient envie de découvrir à petits pas quelques traits et impressions de ce que c’est que la vie d’une personne qui porte un syndrome autistique, – j’ai envie de présenter en lecture un certain nombre de propositions, toutes commençant par le mot Je, auxquelles j’ai fait l’effort de répondre en étant très précis et entièrement honnête. Avec moi-même, et en respectant les termes du questionnement. Il y aura sûrement des choses à lire « entre les lignes », mais c’est déjà une première approche.

Ce qui est marquant a bien dû ici se glisser, parfois sans que je le sache, dans le questionnement de l’inventaire, où à la fois mon réel et mon imaginaire ont pu trouver leur place, une place qui est à remodeler sans cesse.

C’est cela, je crois, « avancer ». Porter aussi mes idées comme la constance de ce qui est beau – de ce que je trouve beau, moi – dans la vie, quand on est tourné vers les autres, et, étapes après étapes, s’offrir un programme qui a de l’allure. Dont on est content et fier.

Un autre regard sur l’autisme, quel titre ! mais, vous l’aurez compris, c’est, tout simplement :

*garder la légèreté tout en disant la tristesse et l’effort,

*évoquer la pression permanente tout en se sentant « comme les autres »,

*canaliser les émotions, quand on les sent trop violentes,

 *tenir son esprit en éveil,

*profiter de ses talents pour découvrir plein de choses, en tout un tas de domaines,

*exercer sa curiosité et la précision de son esprit.

*cultiver l’attachement à ceux qu’on aime,

et vouloir élargir son horizon


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